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Stendhal et les petits pois

On connaït le goût de Stendhal pour les épinards auxquels il resta aussi fidèle qu'à Saint-Simon, mais les spécialistes n'ont pas souligné l'importance, dans son oeuvre, des petits pois.

Dans son Journal, le 25 mars 1808 (p. 499 du tome I des oeuvres intimes dans la Pléiade) apparaît une notation importante : " Remède souverain contre l'amour : manger des pois. " On croyait qu'il n'existait pas d'autre remède pour se guérir de cette affection que le temps ou la mort, mais Stendhal ouvre ici des perspectives nouvelles.

Dans Feder, nouvelle intitulée lors de sa publication en 1855, Feder ou Le mariage d'argent, le problème de la réussite à Paris se présente sous la forme d'une alternative. Est-il préférable, pour l'ambitieux, d'avoir des livres, et de les avoir lus éventuellement, ou de servir aux invités des petits pois " dans la première primeur " ? Feder, jeune provincial qui a déjà fait un bout de chemin dans la capitale, explique à un certain monsieur Boissaux, riche commerçant bordelais avide de succès parisiens, qu'il a eu tort d'acquérir des livres en pensant que cela pourrait l'aider dans ses rêves de grandeur. Ces livres, surtout quand ils sont mis en évidence sur la cheminée, peuvent susciter un débat. Or toute discussion d'idées comporte le risque de commettre une bévue, laquelle sera immédiatement colportée dans toute la capitale par quelques jaloux. Sans compter que le gouvernement n'aime pas trop les amateurs d'idées. Il vaut donc beaucoup mieux, pour qui veut arriver, faire confiance aux légumes frais car le procédé est imparable : " Je défie bien votre plus grand ennemi de nier votre plat de petits pois coûtant cinq cents écus. " (Romans et nouvelles, Gallimard, Pléiade, II, p. 1333).

Dans son souci de complaire à ses invités Boissaux est allé jusqu'à construire une seconde salle à manger identique à la première pour que les invités ne soient pas incommodés par l'odeur des viandes au moment où ils dégustent les desserts.

On constate donc l'importance des petits pois en relation avec les deux thèmes de prédilection de Stendhal que sont l'amour et l'ambition. Question à creuser. Notons au passage que cette nouvelle inachevée est un extraordinaire concentré de thèmes stendhaliens et que l'idée n'a rien perdu de son actualité. Quand on demandait à Truman Capote ce qui l'avait le plus frappé dans les riches milieux qu'il avait été amené à fréquenter, il évoquait justement la fraîcheur des légumes qu'on y mange : " La vraie différence entre les riches et les gens normaux, c'est que les riches vous servent des légumes merveilleux. Des petites primeurs à peine sorties de terre. Du maïs miniature, des petits pois miniatures, des petits agneaux arrachés aux entrailles de leur mère. Voilà la vraie différence. Tous leurs légumes et leurs viandes sont d'une incroyable fraîcheur. " (Laurence Grobel, Conversations avec Truman Capote, Gallimard, Arcade, p. 212).

Paul Désalmand. Juillet 2002

 


Stendhal et le zeugme

Le zeugme est une figure de style dont un cas particulier consiste à coordonner deux termes, l'un étant abstrait et l'autre concret. L'exemple le plus souvent cité est emprunté à Victor Hugo qui dans " Oceano nox " évoque les femmes de marins " remuant la cendre/De leur foyer et de leur coeur ". Henri Morier, dans son riche Dictionnaire de poétique et de rhétorique, préfère parler d'" attelage " plutôt que de " zeugme " et cite les propos d'un personnage de Proust : " de ces cadeaux qui meublent une chambre et la conversation ".

Stendhal a parfois recours à ce procédé dont on peut penser qu'il l'amuse. Au chapitre IX de ses Souvenirs d'égotisme (p. 507 du tome II des oeuvres intimes en Pléiade) il parle ainsi d'un professeur et auteur dramatique : " Luce de Lancival avait une jambe de bois et de la gentillesse. " Dans son Journal, en date du 10 août 1811, il écrit à propos d'une " petite " Pulchérie Lebrun : " Elle manquait de têtons et d'esprit. ", ajoutant : " two great wants ! " Cela n'empêche pas la donzelle, du fait de la nouveauté, de le mettre dans un " état superbe ".

Paul Désalmand. Juillet 2002

 

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