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Le Rossini de Stendhal

Chronique musicale autant qu'autobiographie déguisée, Suzel Esquier a donné à cette "Vie de Rossini" par Stendhal un éclairage tout à fait nouveau. Victor Del Litto affirme que Stendhal se plait à déconcerter. Sa "Vie de Rossini", tout a fait méconnue, en est une preuve supplémentaire, et non des moindres. Présentée par Béatrice Didier, stendhalienne de grande renommée, Suzel Esquier, auteur d'une thèse intitulée "La vie de Rossini: une chronique parisienne" en a fait une remarquable démonstration. "D'abord, explique-t-elle, la seule composition du livre est déjà une énigme. Après une longue introduction sur la situation de la musique en Italie et un premier chapitre consacré à a jeunesse de Rossini à Pesaro, l'auteur s'égare dans la production de Rossini, l'organisation du théatre à Paris, puis à des considérations sur le comportement des différents peuples face à la musique.

L'auteur évoque les hauts lieux de la vie musicale de l'époque (la Scala à Milan, le San Carlo à Naples, la Fenice à Venise) ainsi que la fécondité de la vie musicale italienne, ce qui lui fournit un bon prétexte pour éreinter l'état de la musique en France. Il a des mots très crus quand il parle de la médiocrité des voix qu'il trouve aigres, de l'orchestre qui ne sait pas accompagner le chant, d'un public ignare, "un public perruqué aux oreilles encotonnées". II accable le désert français qu'il oppose à la vitalité italienne. On le sait, Stendhal a été un amoureux fou de la musique italienne, et de l'opéra essentiellement. Il a découvert dans cette musique un mélange de passion amoureuse, d' allégresse et de tendresse qui lui conviennent très bien, avec une pointe d"'un comique qui n'afflige jamais la partie tendre de l'ame".

Quand Stendhal affabule

Toutefois, et c'est là où la thèse de S. Esquier est intéressante, Stendhal affabule quand il parle de son assiduité musicale en Italie. Les faits sont là et les écrits restent: il n'a pas du tout assisté à la création des opéras napolitains comme il nous le fait croire, il n'en a même aucune expérience. Compte tenu de la diffusion de l'opéra a l'époque, il n'a pas entendu pendant son séjour en Italie autant de musique qu'il le dit. Quand il termine en 1823 la "Vie de Rossini", c'est à Paris, entre 1821 et 1823, qu'il aura entendu le plus de Rossini. Et c'est à Paris qu'il découvre l'ampleur du phénomène Rossini et qu'il se met à aimer le "Barbier de Séville".

"En réalité, explique S. Esquier, Stendhal mène un double combat anticlassique: il fustige la tragédie selon Racine tout comme il accable la tradition musicale française. Stendhal prolonge dans la critique musicale son combat contre le classicisme et c'est au nom de l'idéal romantique qu'il se met a défendre Rossini". L'opéra italien lui offre le genre de tragique auquel il aspire.Il a été aidé en cela par la révélation du pouvoir émotionnel de la voix,quand il découvre la voix extraordinairement tragique de Giuditta Pasta. Désormais, à travers la "Vie de Rossini", Stendhal s'engage dans la défense de cette forme moderne du tragique."Ainsi, conclut S. Esquier, Stendhal présente une chronique égotiste de la musique de Rossini, et ce livre est, une fois de plus, une autobiographie déguisée. "

Roland LE MOLLE

Suzel Esquier a donné à cette "Vie de Rossini" par Stendhal un éclairage tout à fait nouveau.

Photo Henri PORCHIER

 

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