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12 novembre 1997

Stendhal, homme de lettres

Le professeur Del Litto publie le premier volume de la Correspondance générale de Stendhal, qu'il a présenté cette semaine à Paris.

Le volume est impressionnant: belle couverture toilée, illustrée par un médaillon en bronze signé David d'Angers et représentant Stendhal en 1829. A l'intérieur, 904 pages denses, mais d'une typographie agréable et aérée. Et une somme: 547 lettres et documents, menant du 9 mars 1800&emdash;date de la première lettre répertoriée (écrite de Paris à sa sœur Pauline, et adressée au 60, Grande-Rue à Grenoble)&emdash;jusqu'à 1809 (année de la dernière missive ici retenue, là encore adressée à Pauline, devenue depuis Mme Périer-Lagrange, et résidant rue Saint-Louis). Le tout paraît cette semaine chez un grand éditeur universitaire,Champion et constitue le premier tome de la "Correspondance générale" de Stendhal, éditée par le spécialiste absolu du stendhalisme qu'est Vittorio Del Litto.

A 86 ans, le professeur Del Litto signe donc ici le premier volume d'une entreprise de longue haleine, puisqu'elle va voir la publication de six volumes, constituant plus de 6000 pages et comportant plus de 3000 lettres et documents. La publication en sera échelonnée jusqu'à la fm 1999: I'an 2000 verra ainsi la grande édition que l'on attendait de toutes les lettres connues de Stendhal. Si le professeur Del Litto, qui avait lui-même publié en 1968 avec Henri Martineau dans la prestigieuse collection de La Pléiade, la dernière en date des éditions de la Correspondance, propose aujourd'hui une nouvelle édition, c'est que celle-ci a été rendue nécessaire par les découvertes importantes qui ont été faites depuis trente ans. Et en particulier, deux fonds non encore exploités ont permis d'enrichir notablement le corpus des lettres connues de Stendhal: les quelque 200 lettres découvertes, presque par hasard, aux Archives nationales par Élaine Williamson, et relatives à la période où Stendhal s'occupait de l'inventaire du Musée Napoléon, lettres particulièrement importantes puisqu'elles montrent le rapport de l'écrivain aux peintres. Et par ailleurs, I'ensemble des lettres de la période italienne où Stendhal était consul à Civitavecchia, un fonds pour lequel le professeur Del Litto a lui-même beaucoup œuvré en vue d'en assurer le quasi sauvetage. Toute cela représente, avec d'autres découvertes récentes, plusieurs centaines de lettres qui vont venir enrichir la nouvelle édition, laquelle proposera, autre nouveauté, non seulement les lettres de Stendhal mais aussi les lettres de ses correspondants et également des documents divers permettant de situer ces échanges épistolaires dans leur contexte. Le sixième volume comportera même un "après-Stendhal" répertoriant les lettres écrites par ses amis et ses lecteurs après sa mort en 1842 et au moment de la publication de ses Œuvres en 1854. L'importance de cette édition, que V. Del Litto mène avec la science et l'inlassable énergie qu'on lui connait (le deuxième volume est déjà composé et le troisième est pratiquement achevé), se trouve bien soulignée par l'éclat qui vient d'être donnée à sa présentation officielle. Celle-ci a eu lieu cette semaine à la Bibliothèque nationale de France, membre de l'Académie française, Jean-Pierre Angrémy (alias l'écrivain Pierre-Jean Rémy stendhalien averti). Une fois encore, c'est donc à Paris que Stendhal aura trouvé, pour cette Correspondance générale, une reconnaissance nationale avant d'être locale: mais on sait que les rapports d'Henri Beyle avec sa ville natale ont toujours été difficiles...

Jean SERROY

A noter la publication, également cette semaine, par une autre stendhalienne grenobloise, Renée Dénier, des chroniques d'Angleterre de Stendhal sous le titre "Paris-Londres" chez Stock

 

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